Libre accès à la recherche scientifique : opinions et pratiques des chercheurs au Québec

Libre accès à la recherche scientifique : opinions et pratiques des chercheurs au Québec

Ms. Kumiko Vézina
Coordonnatrice des ressources électroniques
Service des collections
Bibliothèques de l’Université Concordia
Montréal, Québec, Canada
Courriel: Kumiko.Vezina@concordia.ca

Résumé

Cette étude a été réalisée afin de documenter les opinions et habitudes des chercheurs québécois quant à l’accès libre aux articles scientifiques. Elle a aussi pour but  de permettre aux bibliothécaires des universités québécoises de mieux comprendre les enjeux liés à ce nouvel environnement et de s’y préparer pour le futur. Afin de comparer les résultats de notre étude à ceux de Swan et Brown portant sur la publication en libre accès, les habitudes de recherche et d’auto-archivage des chercheurs en Grande-Bretagne, il a été décidé de reprendre sensiblement les mêmes questions pour notre sondage Web en ajoutant des questions se rapportant spécifiquement au Québec. L’enquête a permis de recueillir des données provenant des six plus grandes universités de la province du Québec dans le domaine des sciences de la vie. Les résultats démontrent que la majorité des chercheurs sont familiers avec le concept d’accès libre à l’information scientifique. Il est aussi apparu que près du tiers (27%) des chercheurs québécois ont déjà publié dans un périodique en libre accès. Un nombre similaire est familier avec le concept d’auto-archivage, par contre, seulement 2% des participants ont auto-archivé leurs ouvrages scientifiques dans des archives ouvertes ou dans des dépôts institutionnels. Les chercheurs se montrent pour la majorité d’entre eux intéressés par le concept d’accès libre à l’information scientifique, mais manquent d’information surtout en ce qui concerne leurs droits. La conséquence de ces incertitudes est que trop souvent, ceux-ci sont réfractaires au mouvement, et plus spécifiquement à l’auto-archivage. Les bibliothécaires doivent relever le défi posé par cette situation, en prenant une position de leadership et en faisant la promotion du libre accès de façon éclairée, tout en répondant aux principaux points de résistance des chercheurs.

Introduction

Alors que le domaine de la communication savante montre des signes d’insatisfaction de plus en plus nombreux, il ne faut pas se surprendre si le sujet du libre accès [1] aux articles de recherche connaît une popularité grandissante. Certains disent même que le libre accès à la recherche s’est transformé en un débat des plus houleux ces dernières années à l’intérieur de la communauté scientifique (Pepling, 2005 ). En effet, pas moins d’une dizaine de blogues [2] sur Internet suivent ce mouvement de près, et tiennent à jour les nombreux développements dans le domaine de l’accès libre.

Le libre accès à l’information scientifique est une initiative permettant aux auteurs de rendre leurs ouvrages scientifiques disponibles au grand public sans restriction et consiste en deux stratégies bien différentes, mais complémentaires: en premier lieu, la publication d’un article dans un périodique en libre accès et, en deuxième lieu, l’auto-archivage dans une archive ouverte ou un dépôt institutionnel d’un article de recherche (soit la version pré-publication ou post-publication).

Revue de la littérature

Dans le but de déterminer le degré de sensibilisation et d’adoption actuel au mouvement d’accès libre à l’information scientifique par les auteurs, divers projets de recherches ont été menés dans plusieurs universités du globe. Certaines de ces recherches ont eu pour objet d’explorer opinions et habitudes des chercheurs quant à la publication d’articles en accès libre; d’autres ont mesuré leurs habitudes d’auto-archivage, d’autres encore ont rassemblé l’analyse de tous ces aspects.

L’étude la plus citée est sans contredit celle effectuée par Swan et Brown en 2005sur les pratiques d’auto-archivage d’auteurs en Grande-Bretagne. En se basant sur les réponses données par presque 1300 participants, les résultats montrent qu’environ 50% des auteurs ont déjà auto-archivé un article dans les trois dernières années. Toutefois, un peu plus du tiers (36%) des répondants ignorent encore qu’ils peuvent offrir l’accès libre à leurs publications en auto-archivant. Par ailleurs, l’étude nous apprend que 81% des auteurs accepteraient volontiers de déposer leurs travaux dans un dépôt institutionnel ou une archive ouverte si leur employeur l’exigeait.

Dans la même ligne de pensée, Allen(2005) s’est penché sur les pratiques d’auto-archivage de chercheurs en sciences humaines dans vingt-cinq dépôts institutionnels en Grande-Bretagne. Bien que le taux d’auto-archivage soit moindre en sciences humaines que dans le domaine des sciences et techniques, l’étude de Allen démontre que deux-tiers des répondants ont déjà auto-archivé ou auto-archiveraient leurs ouvrages scientifiques dans un dépôt institutionnel.

Sale (2006) a également analysé le taux d’auto-archivage effectué par les chercheurs travaillant pour des institutions où le dépôt d’articles de recherche est obligatoire. Selon l’analyse des données provenant de trois universités[3]du Commonwealth, on a déterminé que plus de 80% des chercheurs avaient auto-archivé leur article dans les six mois suivant la date de publication.

En Afrique du Sud, De Beer (2004)s’est surtout intéressée à la quantité d’articles publiés dans des périodiques scientifiques en libre accès ainsi qu’à la diffusion de la recherche grâce aux dépôts institutionnels, aux archives ouvertes, aux pages Web personnelles ou aux dépôts de mémoires et aux thèses électroniques[4]. Cette enquête ciblait les chercheurs et professionnels en bibliothéconomie, en sciences de l’information et dans le domaine des systèmes d’information dont l’une des obligations est de rendre public ou de publier les résultats de leurs recherches. Ce sondage a permis de déterminer que 13% des 114 répondants avaient publié dans des périodiques en libre accès. Quant aux pratiques d’auto-archivage, 26% des participants avaient diffuséleurs travaux via des pages Web personnelles ou départementales, seulement 9% avaient déjà auto-archivé dans des dépôts institutionnels alors que 1% l’avaient fait dans une archive ouverte.

Les projets de recherche mentionnés jusqu’ici montrent l’intérêt du milieu universitaire à mieux connaître les habitudes de travail des scientifiques. Mais quelles opinions ont les chercheurs au Québec quant à la publication en accès libre? Encouragent-ils l'accès libre à leurs travaux de recherche dans Internet? Et quelles sont leurs habitudes d'auto-archivage?

Un sondage québécois mené parHajjem et dirigé par Harnad[5] a eu pour but  d’explorer le point de vue des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) quant au mouvement d’auto-archivage et de libre accès à la recherche. Une partie des résultats succinctement rapportés (Hajjem, 2005) établit les principaux inconvénients et avantages de l’auto-archivage, explique la raison du choix des revues dans lesquelles les chercheurs publient, et documente la perception des chercheurs quant aux problèmes liés à l’accès à l’information scientifique. Le sondage rapporte aussi que presque 60% des chercheurs de l’UQAM considèrent que l’auto-archivage influe sur le taux de citations d’un article. Il a aussi été démontré que parmi les 88 répondants,  41% avaient au moins un article publié disponible en accès libre.

Objectif de l’étude

Alors que l’étude menée parHajjem (2005) brosse un tableau spécifique, toutes disciplines confondues, de la situation à l’Université du Québec à Montréal, la présente étude a pour but de rendre compte de la tendance générale qui se dégage dans les six plus grandes institutions universitaires du Québec dans un domaine particulier.

L’objectif de notre étude est donc de documenter les opinions et habitudes (publication en accès libre, auto-archivage d’ouvrages scientifiques) des chercheurs, non pas dans une seule université, mais dans diverses institutions universitaires au Québec, dans le but d’enrichir les résultats des recherches déjà citées.

Méthodologie

L’existence d’une archive ouverte disponible à la publication de recherche scientifique est un fait accompli depuis plus d’une décennie, en ce qui concerne principalement le domaine de la physique, auquel se sont ajoutés par la suite les domaines des mathématiques et de l’informatique[6] .

Le concept de l’accès libre à l’information scientifique s’est ensuite étendu aux domaines des sciences de la vie. En 2006, le plus grand éditeur (en nombre) de périodiques scientifiques en libre accès étant BioMed Central (http://www.biomedcentral.com/), spécialisé dans le domaine de la biologie et de la médecine, il a donc semblé opportun d’interroger des spécialistes et chercheurs en sciences de la vie afin de maximiser le nombre de répondants pour cette étude. La population sondée est donc composée des enseignants (professeurs, chargés de cours) dans les départements de biologie, chimie, biochimie, microbiologie, immunologie, biologie cellulaire pour nommer les principaux.

Les institutions universitaires ont été sélectionnées sur la base du plus grand nombre d’étudiants équivalents à temps complet (EETC)[7] par université pour l’année 2004-2005[8]. La liste ainsi produite comprend les six universités suivantes (en ordre décroissant):

Nom de l’Université

Ville

Nombre de EETC

Université de Montréal

Montréal

31 371

Université Laval

Québec

28 545

Université du Québec à Montréal (UQAM)

Montréal

25 373

McGill University

Montréal

23 497

Concordia University

Montréal

23 068

Université Sherbrooke

Sherbrooke

14 351

Dans un premier temps, afin de comparer les résultats de notre étude à ceux de Swan et Brown (2004, 2005) portant sur la publication en libre accès, sur les habitudes de recherche et d’auto-archivage des chercheurs en Grande-Bretagne, il a été décidé de reprendre plusieurs sections de ces questionnaires. Nous avons aussi ajouté une section concernant le degré de sensibilisation des chercheurs québécois portant sur le concept du libre accès à l’information scientifique, ainsi que sur la publication en accès libre et plus spécifiquement sur les dépôts institutionnels au Québec.

Un questionnaire Web bilingue (anglais-français) a été préparé. Au printemps 2006, un courrier électronique personnalisé a été envoyé à chacun des 749 enseignants en sciences de la vie dans les universités. Deux semaines plus tard, un message de rappel fut envoyé et, par la suite, un troisième qui remerciait les personnes ayant répondu et incitant les autres à participer au sondage si ceux-ci ne l’avaient pas déjà fait. Le questionnaire a été rempli au complet par 152 répondants, ce qui représente un taux de réponse de 20%.

Résultats

Les résultats de cette étude seront présentés selon les trois catégories suivantes : (a) le concept d’accès libre à l’information scientifique en général, (b) la publication en accès libre et (c) l’auto-archivage.

Le concept d’accès libre à l’information scientifique en général

Notre projet nous a permis de découvrir que plus de la moitié des chercheurs (57%) étaient familiers avec le concept en général d’accès libre à l’information scientifique, 26% étaient un peu familiers et 17% n’avaient jamais entendu parler du concept.

Pour un peu plus du tiers des répondants, Internet représente la première source d’information grâce à laquelle les chercheurs ont entendu parler pour la première fois de l’existence du concept d’accès libre à l’information scientifique, soit un peu plus du tiers des votes recueillis (voir Figure 1). Les deuxième et troisième sources d’information sont : le ou la « collègue » avec 26% puis l’article de périodique avec 24%. Soulignons que le ou la bibliothécaire n’arrive qu’en cinquième place, avec 4% des réponses parmi les choix proposés. Et dans la catégorie « autre », plusieurs participants mentionnent que des éditeurs de périodiques en libre accès leur ont envoyé directement de l’information, ou ont suggéré de soumettre un article.

Figure 1 : Sources d’information où les chercheurs ont entendu parler pour la première fois de l’existence du concept d’accès libre à l’information scientifique

La publication en accès libre

Les résultats montrent que 27% des enseignants interrogés ont déjà publié dans un périodique en libre accès et que près de la moitié des titres de revues mentionnés ont été publiés par BioMed Central. La motivation principale étant le principe de l'accès gratuit pour tous les lecteurs.

La raison la plus citée par les participants (73%) n’ayant pas publié dans un périodique en libre accès, est le peu d’impact qu’ils attribuent à ces périodiques dans le monde scientifique. Cependant, lorsqu’interrogés quant à leurs intentions de publications futures, une proportion importante (42%) de ces enseignants a indiqué qu’il serait probable qu’ils publient dans une revue en libre accès d’ici les trois prochaines années.

Les chercheurs accordent beaucoup d’importance au facteur d’impact des périodiques et ce avec raison, puisque l’embauche, la promotion, l’obtention de bourses ou la permanence de chacun dépendent souvent du prestige attribué aux revues dans lesquelles ils publient. Afin d’évaluer une telle réalité, un outil de mesure fut mis au point, déterminant le facteur d’impact des périodiques dans le monde scientifique selon les domaines : depuis 1975, le Journal Citation Reports (JCR)[9] classe, évalue, catégorise et compare les périodiques entre eux selon la fréquence de citation de leurs articles (Garfield, 2005, 4-5).Toutefois, bien que cet outil analyse aujourd’hui plus de 200 revues en accès libre, toutes avec évaluation par les pairs, notre étude démontre que 54% des chercheurs ne savent pas que JCR classe le facteur d’impact des périodiques en libre accès. D’autre part, il faut noter que, selon Thomson Scientific, le nombre de périodiques en libre accès augmente de façon constante (Testa et McVeigh, 2004, 1)

Par ailleurs, d’autres chiffres résultant de notre étude semblent confirmer la défaveur des périodiques en libre accès par rapport aux revues traditionnelles parmi les enseignants : 71% des chercheurs de notre enquête pensent que le facteur d’impact des périodiques en libre accès estinférieur aux périodiques traditionnels avec abonnement. Cependant, selon une étude menée par Thomson Scientific, il ne semble pas y avoir de différence perceptible au niveau de l’impact entre ces deux types de revues (Pringle, 2004). De plus, dans chaque discipline étudiée, il y avait au moins un titre de périodique en libre accès qui se classait au premier rang ou dans les premiers rangs en ce qui concerne le facteur d’impact (Thomson Corporation, 2004).

Nous avons précédemment parlé du facteur d’impact des périodiques, mais que pensent les chercheurs de l’impact des articles scientifiques en général? Selon notre étude, un peu plus de la majorité (51%) des répondants ne croient pas que l’impact d’un article scientifique augmente si son auteur le publie dans un périodique en libre accès. Mais un article de Lawrence, publié en 2001, avançait l’hypothèse que l’accès gratuit en ligne d’un article augmentait son impact. Deux autres auteurs se sont penchés à nouveau sur la question (Harnad et Brody, 2004).  Ils concluent que les articles publiés en accès libre ont plus d’impact que les articles publiés dans les périodiques traditionnels avec abonnement. Enfin, selon Hitchcock (2004), il existe même un net avantage en terme de fréquence de citation associée à un article lorsqu’il a été rendu disponible en accès libre par son auteur. L’impact de l’article serait donc accru.

L’auto-archivage

Alors qu’environ un tiers des chercheurs (31%) ont répondu être familier avec le concept d’auto-archivage, seulement 12% de tous les répondants ont auto-archivé leurs ouvrages dans Internet : soit sur une page Web personnelle, soit sur un site Web de laboratoire départemental, soit sur une archive ouverte disciplinaire ou sur un dépôt institutionnel. Et2% des participants ont auto-archivé leurs ouvrages scientifiques dans des archives ouvertes (0,5%) ou dans un dépôt institutionnel (1,5%) (voir Figure 2).

Figure 2 : Chercheurs ayant auto-archivé des ouvrages scientifiques

Interrogés sur leurs opinions au sujet de l’auto-archivage, les propos des chercheurs, après analyse, ont été regroupés dans cinq catégories[10]. En voici quelques témoignages représentatifs:

1) Découverte, curiosité et questionnements au sujet de l’auto-archivage :

  • Il serait fantastique d’avoir plus d’information au sujet de l’auto-archivage. Je n’en avais jamais entendu parler.

  • J’avais l’idée d'auto-archiver pour donner libre-accès aux articles de mon laboratoire. L'information contenue dans ce questionnaire est intéressante et pertinente. Les chercheurs manquent d'infos à ce sujet.

  • Est-ce qu’il faut payer pour auto-archiver nos articles?

2) Adoption, promotion et plaidoirie en faveur de l’auto-archivage :

  • L’Auto-archivage est essentiel pour rendre mes travaux disponibles aux chercheurs œuvrant dans les petites institutions ici et à l’étranger dont le budget des bibliothèques est trop petit pour offrir l’accès électronique aux périodiques. C’est une obligation morale d’auto-archiver pour que la science ne soit pas limitée à seulement quelques pays de l’élite bénéficiant d’importants fonds de la part de leur Université.

  • Augmente le lectorat de l’article

3) Résistance au changement

  • J’ai été trop occupé pour m’attarder aux changements dans les publications. Je ne veux rien faire de nouveau à moins que ça ne soit essentiel.

4) Arbitrage par les pairs

  • L’éditeur de la revue qui considérait mon article m’a dit de ne « pas » faire attention aux publications en accès libre parce qu’elles n’ont pas été révisées par des pairs.

  • Je serais prêt à pratiquer l'auto-archivage, mais uniquement après une révision par des pairs et l'acceptation du manuscrit.

5) Droit d’auteur

  • Est-ce que l’auto-archivage de vos propres publications est permis si la revue possède le droit d’auteur de l’article?

  • À ma connaissance, le fait de publier dans des périodiques à fort impact est, à ce jour et en général, incompatible avec l’auto-archivage puisque l’éditeur ne nous permettra pas de fournir l’accès gratuit à l’article via un site Web, etc. Cet aspect va certainement m’empêcher de participer aux efforts d’auto-archivage.

  • La seule barrière à l’auto-archivage est que les éditeurs refusent de donner la permission.

Ces commentaires rendent compte des diverses préoccupations des chercheurs : beaucoup méconnaissent leurs droits. Ce qui les éloigne de l’auto-archivage. Cependant, il apparaît que 83% des chercheurs accepteraient volontiers de déposer des ouvrages scientifiques dans une archive ouverte ou un dépôt institutionnel si leur employeur ou leur pourvoyeur de fonds l’exigeait. Toutefois, notre étude a révélé que la très grande majorité  (87%) des chercheurs participants à notre étude ne savent pas s’il existe des dépôts institutionnels au Québec et un nombre presque égal (86%) ignorent également si leur institution académique possède ou non un dépôt institutionnel.

Discussion et implications

Notre étude montre une réelle préoccupation des auteurs, autant en ce qui concerne le facteur d’impact de leurs articles de recherche que celui des périodiques dans lesquels ils publient. Rappelons que les doutes exprimés par les chercheurs québécois semblent être justifiés principalement par le peu de crédit qu’ils accordent au facteur d’impact de la publication en accès libre. Il faut toutefois noter qu’une grande partie des auteurs n’ayant pas publié dans un périodique en libre accès considèrent cette option pour le futur immédiat.

En ce qui concerne l’auto-archivage, les nombreuses réserves émises par les chercheurs quant à la possibilité de rendre leurs ouvrages scientifiques accessibles gratuitement en ligne indiquent que pour ces derniers, ce concept et les politiques du libre accès à l’information scientifique demeurent des notions floues. Un autre obstacle vient du fait que trop souvent une information contradictoire (ou qui peut sembler contradictoire) est véhiculée au sujet du mouvement du libre accès de l’information, ce qui complique la compréhension de ce phénomène relativement récent.

À ce titre, mentionnons l’entrevue de Harold Varmus, co-fondateur de la maison d’édition scientifique en accès libre PLoS (Public Library of Science) dans laquelle il affirme que l’auto-archivage ne fournit pas de libre accès à la recherche scientifique, puisqu’il n’est pas présentement possible de faire du repérage efficace dans les archives ou les dépôts institutionnels (Poynder, 2006). Dès le lendemain, Suber à répliqué que l’auto-archivage était bel et bien une possibilité de libre accès parmi d’autres et que les archives et dépôts institutionnels sont en fait des bases de données interrogeables[11]. Suber approuve qu’on discute de moyens pour augmenter l’efficacité du repérage, mais cette dernière ne change en rien la définition même du libre accès (Suber, juin 2006).

Un autre exemple de la controverse actuelle est un récent communiqué de presse lancé par la Association of American Publishers (AAP) et distribué par Ann Okerson sur la liste de discussion Liblicense-L (2006) marquant une vive opposition au Federal Research Public Access Act of 2006 (FRPAA), un projet de loi[12] proposé par le Sénateur américain John Cornyn visant à rendre obligatoire le libre accès à l’information scientifique (2006). Ce projet de loi encouragerait la grande majorité des récipiendaires de subventions d’agences de recherche américaine à rendre leur recherche accessible gratuitement dans les six mois suivant la date de publication. Supportant le projet de loi et afin de défendre les intérêts des scientifiques, Peter Suber[13] (mai 2006) s’est empressé de réfuter chacun des arguments du communiqué de presse de la AAP en démontrant que bien qu’éloquents, ceux-ci étaient biaisés dans leur ensemble. Selon l’analyse faite par Suber, des dix principales revendications exprimées par AAP, deux d’entres elles sont en fait des tactiques dont le but est de retarder l’adoption du FRPAA, trois autres sont en général fausses (AAP déclarant, entre autres, que l’accès complet à la littérature scientifique subventionnée par des fonds gouvernementaux est primordial à leur mission et que la population américaine a facilement accès à la littérature scientifique et médicale grâce aux bibliothèques publiques, etc.) et, finalement, cinq revendications seraient complètement fausses. En effet, parmi celles-ci, AAP déclare que le FRPAA coûterait trop cher aux payeurs d’impôts (en fait, le coût du programme est évalué à $2-4 millions, i.e. environ 0,01% du budget annuel du National Institute of Health – NIH, alors que celui-ci débourse environ $30 millions par année pour des frais d’articles et d’abonnement à des périodiques traditionnels). Entre autres fausses affirmations de AAP, le FRPAA ferait perdre les investissements à valeur-ajoutée des éditeurs scientifiques (ce qui en fait ne s’applique qu’à la version publiée et non la version finale de la pré-publication révisée par les pairs auquel s’adresse le FRPAA). Enfin, AAP déclare que tout amoindrissement des revenus des éditeurs représenterait une menace à la procédure de révision par les pairs (faux : ce processus est effectué généralement par des chercheurs non-rémunérés et bon nombre de revues en libre accès l’offre maintenant).

Il n’est pas surprenant alors de constater la défaveur majoritaire des chercheurs pour le libre accès, voire même l’incrédulité de ceux-ci, puisque les déclarations et les prises de position quant au mouvement de libre accès à l’information semblent si souvent se contredire[14].

Notre étude révèle qu’un des aspects les plus saillants est le manque d’information des chercheurs quant à leurs droits d’auto-archiver leurs propres ouvrages scientifiques, ce qui les conduit à négliger cette option. Pourtant, il existe un outil en ligne, la base de données SHERPA/RoMEO (http://www.sherpa.ac.uk/romeo.php), dont le principal but est de déterminer la politique d’auto-archivage des périodiques ou de leur maison d’édition. À l’heure actuelle, 94% de tous les périodiques répertoriés par le site Web SHERPA/RoMEO[15], incluant autant les revues traditionnelles avec abonnement que celles en libre accès, donnent le droit aux auteurs d’auto-archiver leurs articles[16] (SHERPA). Bien qu’il puisse y avoir des restrictions quant à la façon d’auto-archiver, il suffit de faire une recherche par nom de périodique ou par nom d’éditeur afin d’obtenir une fiche d’information au sujet de ces conditions d’auto-archivage. Par ailleurs, si l’on se demande quels périodiques en libre accès existent dans un domaine en particulier, il existe un site web qui répertorie les titres de périodiques en libre accès existants à ce jour (2359 en date de cet article) dans le Directory of Open Access Journals (DOAJ - http://www.doaj.org/).

Enfin, soulignons la récente apparition d’un nouveau service qui s’appelle Google Scholar (http://scholar.google.com/intl/en/scholar/about.html), un moteur de recherche qui indexe  entre autres le contenu des archives ouvertes en ligne, permettant ainsi le repérage de documents scientifiques. Ceci aura certainement une influence considérable sur l’impact des articles publiés en accès libre ou auto-archivés.

Conclusion

Swan et Brown (2005, 70) ainsi que Allen (2005, 54) rappellent que le degré de sensibilisation des chercheurs quant à la publication en accès libre et à l’auto-archivage demeure très faible. Ce que confirme notre étude. Selon eux, une approche combinant encouragements et persistance auprès des auteurs est la meilleure façon de garantir le succès d’une campagne d’information (Swan et Brown, 2005, 73). Il existe, en effet, de nombreuses stratégies qui permettraient d’augmenter le degré de sensibilisation des chercheurs quant aux bienfaits, aux retombées positives et à leurs droits en ce qui concerne la libre diffusion de l’information scientifique. La plus fiable serait la création d’une politique nationale exigeant de rendre accessible gratuitement, grâce à l’auto-archivage, les ouvrages scientifiques subventionnés par les agences de recherche gouvernementales. Mentionnons qu’en octobre 2004, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) a formellement adopté le principe de libre accès à l’information scientifique (CARL, 2004, 2). En effet, nombreuses sont les associations de bibliothèques participant activement à la promotion ou à l’adoption de résolutions concernant le libre accès comme la Canadian Association of Research Libraries (CARL)[17], la Canadian Library Association (CLA) et la British Columbia Library Association (BCLA), qui ont toutes soumises des propositions à la CRSH lors de la consultation sur le libre accès effectuée à la fin de l’année 2005.

Notre étude démontre que les chercheurs s’intéressent au concept du libre accès à l’information scientifique, mais manquent d’informations claires et précises. Dans ce cas, pourquoi les bibliothécaires ne leur prépareraient-ils pas une information sur mesure répondant directement à leurs préoccupations? En s’impliquant davantage et de façon ciblée, c’est en effet l’occasion pour tout spécialiste de l’information de jouer un rôle actif et même proactif dans ce domaine. Cette action leur permettrait alors d’influencer de manière positive et significative les perspectives futures liées au développement du mouvement au libre accès à l’information scientifique.

Rappelons que les bibliothécaires et spécialistes de l’information ont acquis une grande expertise lors de la création et de la gestion d’archives ouvertes, de dépôts institutionnels et de collections numériques. Il ont en même temps défini des normes internationales pour standardiser, entre autres, les métadonnées utilisées par les agrégateurs et la technologie OpenURL.Cet esprit pionnier, jumelé au fait que l’accès à l’information est un des principes fondamentaux de la profession de bibliothécaire, fait en sorte que nous sommes parmi les mieux placés pour faire la promotion du libre accès à l’information scientifique.

En encourageant activement la publication ainsi que toute forme d’auto-archivage en accès libre, nous devrions sans hésiter continuer à travailler pour acquérir la place d’honneur, même de leadership, qui revient aux bibliothécaires au sein de cette révolution de l’information. Grâce à notre action proactive, l’information pertinente et les grandes lignes du débat seraient directement présentées à la communauté scientifique universitaire. Ces initiatives peuvent être entreprises par le biais de différents moyens: soit grâce à des pages Web ou à des blogues dédiés au mouvement du libre accès à la recherche scientifique, soit par le biais du site Web de la bibliothèque, par l’entremise du bulletin de nouvelles de la bibliothèque, par des rencontres départementales avec les professeurs, chercheurs et représentants administratifs, grâce à la création d’un dépôt institutionnel, à la présentation de séminaires/ateliers/conférences, à la rédaction d’articles, à des brochures informatives, etc. Il serait également de la plus haute importance de s’impliquer dans les débats entourant le développement des politiques de libre accès à la recherche scientifique, tant dans les universités que dans les agences qui octroient les fonds ou bourses de recherche, en passant par les divers paliers gouvernementaux.

Soulignons que de nombreux bibliothécaires sont déjà de fervents défenseurs du mouvement du libre accès à l’information scientifique[18]. Par exemple, dans le but de répertorier leurs initiatives, l’organisation SPARC (Scholarly Publishing and Academic Resources Coalition), créée par la Association of Research Libraries (ARL), a ouvert à tous une base de données où l’on peut inscrire, de façon volontaire, les initiative s mises sur pied par des bibliothécaires ou administrateurs de projets faisant la promotion du libre accès à l’information scientifique auprès des chercheurs universitaires (https://db.arl.org/oap/).

Nous espérons que grâce à l’engagement direct des bibliothécaires et spécialistes de l’information, ce nouveau mode de distribution des connaissances qu’est le libre accès fera ainsi beaucoup plus d’adeptes auprès des chercheurs à l’avenir.

Remerciements

Toute ma reconnaissance envers Heather Morrison, de BC Electronic Library Network, pour ses encouragements et commentaires tout au long de la rédaction de cet article. Je voudrais également remercier l’administration des bibliothèques de l’Université Concordia pour son soutien en temps de recherche et en attribution financière accordés à l’auteure de cet article pour cette étude.

Définitions des termes

  • La publication en libre accès :

    Accès électronique gratuit, immédiat et permanent pour quiconque, à la version plein-texte d’articles de recherche dans Internet sans restriction quant au téléchargement, à la copie, à l’impression, à la distribution. Il peut s’agir d’articles en pré-publication (avant révision par les pairs) ou en post-publication (après révision par les pairs).

  • L’auto-archivage :

    Un auteur dépose la version plein-texte de ses propres travaux de recherche dans une archive ouverte électronique accessibles à tous. Il peut s’agir d’articles en pré-publication (avant révision par les pairs) ou en post-publication (après révision par les pairs).

  • Dépôts et archives électroniques : il faut garder à l’esprit qu’un dépôt ou une archive en

    ligne peut être en libre accès (ouvert) ou, fermé (il faut être membre ou s’abonner pour y accéder). Voici des exemples de dépôts ou d’archives en ligne :

    • Page Web personnelle

    • Page Web de laboratoire départemental

    • Archive disciplinaire (exemple : E-LIS Eprint Open Archive in Library and Information Science. Il s’agit d’une archive ouverte disciplinaire, en libre accès, dédiée à la bibliothéconomie et aux sciences de l’information <http://eprints.rclis.org/>). 

    • Dépôt institutionnel : une collection numérique de la production intellectuelle d’une Université qui centralise, préserve et rend accessible les documents qui s’y retrouvent (exemple : Archimède de l’Université Laval : dépôt institutionnel ouvert <http://archimede.bibl.ulaval.ca/archimede/pages/home/index.jsf>).

Bibliographie

Allen, James. « Interdisciplinary differences in attitudes towards deposit in institutional repositories.»Department of Information and Communications, Manchester Metropolitan University (UK). Maîtrise déposée en décembre 2005. 25 octobre 2006. <http://eprints.rclis.org/archive/00005180/>

De Beer, Jennifer. « Open Access in South Africa: preliminary results of a survey ».       Présentation à la Open Access Scholarly Communication Conference, organisée par la South African Site Licensing Initiative (SASLI) et la Open Society Institute (OSI), tenue le 29 juillet 2004 à Pretoria (Afrique du sud).  25 octobre 2006 <http://www.jenniferdebeer.net/research/JenniferDeBeerOAconf20040729_files/frame.htm>

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Cornyn, John. « Cornyn Bill Would Improve Taxpayer Access To Federally Funded Research ». Communiqué de presse du2 mai 2006.   25 octobre 2006 <http://cornyn.senate.gov/index.asp?f=record&lid=1&rid=237171>

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[1]. À titre d’information, la définition des termes utilisés tout au long de cet article se retrouvent en fin d’article.

[2]. Pour ne nommer que quelques blogues sur le libre accès : Open Access News de Peter Suber (http://www.earlham.edu/~peters/fos/fosblog.html), OA Librarian (http://oalibrarian.blogspot.com/), Digital Koans (http://www.escholarlypub.com/digitalkoans/)et un dernier en français cette fois-ci: Libre accès à l’information scientifique et technique (http://openaccess.inist.fr/).

[3]. Deux des universités sont situées en Australie (University of Tasmania, Queensland University of Technology) et la troisième en Grande-Bretagne (University of Southampton).

[4]. Ce type de service est communément appelé “Electronic Theses and Dissertations” (ETD) en anglais.

[5]. Stevan Harnad est une des sommités mondiales du mouvement d’accès libre et d’auto-archivage de la recherche scientifique. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences cognitives de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), il est également professeur en sciences cognitives à l’Université de Southampton en Grande-Bretagne.

[6]. Développé par Paul Ginsparg, le dépôt ArXiv (http://arxiv.org/) a été fondé en 1991 spécifiquement pour les pré-publications en physique (« High Energy Physics »).

[7]. Ces chiffres sont tirés du tableau des « étudiantséquivalents à temps complet (EETC) » par établissement universitaire provenant du site Web d’ERPAC, i.e. le groupe de travail responsable des achats en commun du sous-comité des bibliothèques de la CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec): <http://erpac.crepuq.qc.ca/eetc.html>

[8]. Il s’agit des chiffres officiels disponibles au moment de cette enquête.

[9]. Le Journal Citation Reports (JCR) est publié par Thomson Scientific auparavant connu sous le nom de The Institute for Scientific Information (ISI).

[10]. Étant donné que le questionnaire était bilingue, les opinions en anglais ont été traduites en français (traduction libre).

[11]. Note de l’auteur : je voudrais ajouter qu’il existe des outils agrégateurs qui parcourent archives ouvertes et dépôts institutionnels puis centralisent toutes les citations avec liens dans une seule archive ouverte. Citons OAIster <http://oaister.umdl.umich.edu/o/oaister/> qui en oct. 2006, épluchait plus de 700 sites.

[12]. Ce projet de loi est appuyé, entre autres, par les organisations suivantes : American Library Association (ALA), Association of Research Libraries (ARL), Association of College and Research Libraries (ACRL), Special Libraries Association (SLA) et la American Association of Law Libraries (AALL).

[13]. Peter Suber est l’éditeur d’un des blogues les plus connus dans le domaine de l’accès libre (tenu à jour depuis 2002). Il a également créé un site Web expliquant l’abécédaire du mouvement de l’accès libre à la recherche scientifique : <http://www.earlham.edu/~peters/fos/overview.htm>

[14]. Un exemple parmi d’autres, le numéro spécial sur le libre accès de la revue Serials Review (volume 30, numéro 4, 2004) illustre bien la divergence d’opinions qui existe à ce sujet. À lire surtout l’article de Jean-Claude Guédon (2004) et la réponse à celui-ci de Stevan Harnad (2004).

[15]. À titre d’information, SHERPA répertorie plus de 9 000 titres, alors qu’on estime à environ 25 000 le nombre total de périodiques avec comité de révision par les pairs à travers le monde.

[16]. En date du 25 octobre 2006, selon le site EPrints <http://romeo.eprints.org/stats.php>, la base de données SHERPA/RoMEO a analysé 9 339 titres de périodiques provenant de 155 éditeurs.

[17]. CARL a été l’un des premiers signataires de l'Initiative de Budapest pour le Libre Accès à la Recherche (BOAI) et ajoué un rôle de leader quant au développement de dépôts institutionnels au Canada.

[18]. Il existe une liste où les défenseurs du libre accès à l’information sont identifiés par pays ou région : <http://www.infocommons.ca/wiki/index.php?title=Open_Access_Advocates_Worldwide>



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